Les Zones à Faibles Émissions provoquent une contestation grandissante au sein de la population.
Si l'objectif affiché est l'amélioration de la qualité de l'air, nous dénonçons une mesure vécue comme profondément injuste sur le plan social. En pratique, les Z.F.E. touchent avant tout les ménages modestes, les salariés contraints d'utiliser leur véhicule chaque jour pour travailler, ainsi que les habitants des zones rurales et périurbaines où les transports en commun restent insuffisants, voire inexistants. Pour beaucoup, la voiture n'est pas un confort mais une nécessité indispensable à la vie quotidienne.
Or, les restrictions imposées par les Z.F.E conduisent progressivement à exclure de la circulation des milliers de véhicules anciens, sans que les alternatives soient réellement accessibles.
Malgré les aides publiques proposées, le coût d'achat d'un véhicule plus récent ou électrique demeure hors de portée pour une grande partie de la population. Entre inflation, hausse des prix de l'énergie et stagnation du pouvoir d'achat, de nombreux foyers n'ont tout simplement pas les moyens de remplacer leur voiture.
Cette situation alimente un sentiment d'incompréhension et d'abandon.
Bon nombre de nos citoyens subissent cette écologie punitive. Elle fait peser les efforts principalement sur les classes populaires et moyennes, alors même qu'elles disposent de moins de solutions pour s'adapter rapidement aux nouvelles contraintes.
Enfin, pour qu'une transition écologique soit acceptée et efficace, elle doit tenir compte des réalités sociales et territoriales du pays. Une politique environnementale ne peut réussir durablement si elle crée de nouvelles fractures entre les Français.
Joël Pierre Chevreux, Président des écologistes du Trèfle

